Dans le cadre des heures de PEJ les élèves ont pu travailler sur la thématique de l’engagement qu’il soit sportif associatif ou religieux. En cette dernière partie d’année les troisièmes E ont décidé d’interroger leur emblématique encadrante sur son intriguant statut de sœur.
Propos recueillis par la classe de troisième E
Après 34 ans de vie religieuse, Sœur Véronique se confie sur son parcours, son quotidien et sa vision de la foi. Entre engagement de vie, choix personnels et spiritualité, elle nous livre un témoignage empreint de sérénité et de conviction.
Cela fait combien de temps que vous êtes dans la profession religieuse ?
— Cela fait maintenant 34 ans.
D’où venez-vous et quel a été votre parcours avant de vous engager religieusement ?
— J’ai grandi à Paris. C’est là-bas que j’ai fait mes études et que j’ai rencontré les sœurs pour la première fois. Petit à petit l’idée de m’engager religieusement a fait son chemin et j’ai décidé de sauter le pas.
Comment cela se passe pour devenir « Sœur » ?
— Il faut d’abord contacter la maîtresse des novices ou la mère supérieure ensuite vous vivez en communauté avec les sœurs avec le statut de novice puis après quelques années d’immersion vous pouvez vous engager pour la vie on appelle cela la profession solennelle.
Si l’on décide d’arrêter d’être sœur du jour au lendemain, est-ce un péché ?
— D’un certain point de vue, oui. J’ai promis un engagement à vie. Rompre ce lien est une question de fidélité à sa parole ; c’est en cela que réside le péché.
Justement pour vous, quel est le plus gros péché dans le christianisme ?
— Il n’y a pas de péché impardonnable, car Dieu pardonne tout. Le seul moyen de ne pas se faire pardonner, c’est de ne pas avoir envie de demander pardon et, par conséquent, de ne pas être prêt à recevoir cette réconciliation.
Vous n’avez jamais eu envie de vous marier ?
— Non, j’ai choisi le chemin religieux plutôt que celui du mariage. L’amour que j’ai envers Dieu et ma famille me suffit. Avoir un mari n’est pas essentiel pour moi, j’ai préféré me concentrer pleinement sur la religion.
Votre engagement religieux vous a-t-il permis de voyager ?
— Oui ! Mon engagement m’a mené dans de nombreux endroits. Au début, je vivais dans une maison construite par des sœurs. Ensuite, à Paris, j’ai rejoint un foyer pour étudiantes et sœurs. J’ai également passé 12 ans à Dakar, au Sénégal, dans un quartier très pauvre. Après cela, je suis revenue en France, à Lizac de Saint-Soulié, où j’ai vécu en appartement pendant 3 ans. Aujourd’hui, je vis dans une maison avec trois autres sœurs et comme vous le voyez je suis depuis quelques années au Collège Saint-Jean Baptiste de La Salle pour accompagner les élèves.
Comment faites vous pour subvenir à vos besoins ?
— Nous fonctionnons en congrégation qui est une sorte d’association de Sœurs. Je viens de la congrégation des Ursulines. Nous avons fait vœux de pauvreté, je verse donc mon salaire à la congrégation qui redistribue l’argent en fonction des besoins du moment (nourriture, voyages religieux etc)
Une question plus théologique : avons-nous le même Dieu que les autres religions ?
— Il faudrait de nombreuses années d’études pour répondre parfaitement à cette question. Mais je dirais que même si nous tendons vers le même Dieu, nous n’avons pas les mêmes croyances, ni le même nom pour l’appeler
Que représente le port du voile pour vous dans la religion chrétienne ?
— Il sert à me rappeler, et à dire au monde, que je suis consacrée à Dieu. Je le porte toute la journée, sauf dans des cas vraiment exceptionnels. On dit souvent qu’il montre l’engagement total.
Avec le recul, regrettez-vous de ne pas avoir fondé de famille ?
— Non, je ne regrette rien. Même si j’aime beaucoup les enfants et les familles, j’ai trouvé mon équilibre dans ce choix et puis grâce aux collèges j’ai la chance de pouvoir côtoyer beaucoup de monde.

